Les quelques définitions ci-après sont extraites d'une partie de l'ouvrage d' Eric Ruffiat, Nouveau Dictionnaire de la Culture Psy, Nîmes, Editions Œdipia ©, 2009 - Tous droits réservés.

Addiction - le comportement addictif (voir aussi : Alexithymie)

Addiction - le comportement addictif (voir aussi : Alexithymie)

L’addiction, terme d’origine anglaise signifiant un attachement excessif à quelque chose, désigne une relation de forte dépendance psychique à l’égard d’un produit dont la consommation excessive entraîne des troubles physiques et psychiques importants. L’addiction autrefois représentait un asservissement au seigneur du fait de dettes impayées.
Cet état d’esclavage, où le « self devient serf », est en fait une conduite de fuite dans laquelle le corps est soumis à une contrainte irrésistible. Une telle conduite devient pathologique lorsqu’elle représente le seul refuge vers lequel le sujet se précipite avidement au point de s’y abîmer, afin de surseoir à une souffrance psychique.
Le terme d’addiction, auparavant équivalent de l’assuétude qui définissait l’état de dépendance caractéristique du drogué, a aujourd’hui une acception beaucoup plus étendue. Ainsi, l’alcool, le tabac, les produits pharmaceutiques lourds (anxiolytiques, antidépresseurs) représentent des produits dont l’accoutumance et l’emploi abusif dénotent un comportement addictif de la part de l’usager. De même, le type de  dépendance à des produits psychotropes se retrouve dans des comportements alimentaires compulsifs et répétitifs comme l’anorexie* et la boulimie*, ainsi que dans des « toxicomanies sans drogue ».
D’autre part, de nombreuses autres addictions sont apparues du fait de l’extraordinaire développement d’outils technologiques dans nos sociétés modernes : telle la dépendance excessive des adolescents aux jeux vidéo, ou à la télévision, celle des adultes aux jeux d’argent, l’immense attraction que produit la connexion au réseau Internet (dont les plus fervents utilisateurs passent parfois des nuits entières à naviguer à la recherche finalement d’eux-mêmes ou d’un autre soi-même…), l’accoutumance à l’utilisation des téléphones portables en tous lieux.
La liste des addictions n’est pas exhaustive et dérive de comportements sociaux hérités de normes culturelles médiatisées qui offrent une image standardisée de l’homme moderne exaltant le corps : ainsi, l’accoutumance des sportifs à l’exercice physique intense et permanent, celle des femmes aux achats compulsifs (produits cosmétiques, amincissants, vêtements à la mode…) ou à des pratiques répétitives (salons d’esthétique, de remise en forme, de rayons ultra-violets, chirurgie esthétique…), celle des hommes ayant des relations sexuelles avec des prostituées, ou aux rapports fréquents et répétés, et même celle des véritables bourreaux de travail, descendants de l’ère stakhanoviste, nouveaux esclaves volontaires d’une activité professionnelle non-stop, parfois désintéressée d’ailleurs (voir : le phénomène social des workaholics américains, ou des bénévoles d’associations).
L’on peut donc affirmer que la dépendance s’installe chaque fois que le sujet s’adonne à une pratique, un objet, une situation dont la répétition compulsive se réalise « à corps perdu ». Enfin, il n’est pas rare que le patient,  dont la structure addictive est caractérisée, passe volontiers d’une addiction à une autre en croyant se guérir : c’est ainsi qu’un alcoolique peut devenir toxicomane ou inversement, puis être un joueur invétéré et pathologique, ensuite avoir une relation amoureuse aliénante, et ainsi de suite…
En fait, l’importance de l’addiction est fonction du degré de surinvestissement que la personne place dans l’objet. Le concept d’addiction serait en fait une régression à des stades infantiles, le plus souvent le stade oral, et serait aussi déterminé par une structure addictive que certains rapprochent de la conduite compulsive. Comme le définit son origine latine, ce terme qualifiant celui qui est dépendant de dettes impayées, il pourrait  désigner la dépendance physique  qu’un sujet s’inflige afin de répondre aux engagements qui n’ont pas été tenus dans le passé et qu’il faut à tout prix compenser aujourd’hui.
Cette « contrainte par corps » est une autre forme du dédommagement corporel, du prix que le corps doit payer pour réparer une carence affective que le sujet aurait subie de façon ambiguë. Le recours fréquent à la conduite addictive équivaudrait à un comportement d’évitement de situations anxiogènes afin de se dérober à l’affrontement de circonstances pénibles engendrant des états d’angoisse, ce qui rappelle l’utilisation des mécanismes de défense*. La structure addictive proviendrait d’une défaillance initiale de la formation du moi*, le sujet s’étant identifié à une autre image que la sienne dans le stade du miroir*, et sombrerait plus tard dans une accoutumance pathologique (alcool, tabac, drogues, médicaments, anorexie, boulimie…) pour compenser le manque de représentation intériorisée de la « bonne mère. » D’autre part, le processus d’introjection n’ayant pas été suffisamment mis en place, le sujet le remplace alors par un fantasme d’incorporation qu’il applique à la réalité concrète. Ce désir d’incorporation effrénée de substances nocives, véritable substitut de la relation objectale, efface momentanément l’angoisse d’un morcellement de la personnalité.
Selon Lacan, la représentation du manque étant impossible, il énonçait l’apparition de l’angoisse chez le sujet dès que le manque lui faisait défaut et qu’il était remplacé par autre chose. En outre, il reconnaissait que la structure addictive pouvait revêtir un aspect tout à fait banal, puisque nous sommes tous régis par le principe de plaisir et qu’il nous arrive d’entretenir un rapport démesuré et outrancier à un objet, dont la dépendance n’est pas obliga-toirement nocive ( chocolat, lecture, thé, moto…). Lacan pense que le sujet addictif transgresse moins qu’il ne recherche à aller toujours au-delà, à repousser ses limites, en subjuguant son corps tout en éprouvant une insupportable tension provenant d’un manque inexprimable.
L’addiction à la drogue ou à l’alcool comble le vide laissé par le manque, la souffrance de « l’être en manque », cette mise en danger permanente du toxicomane ou de l’alcoolique, fait paradoxalement partie de la recherche d’un manque que la drogue ou l’alcool vient remplir. Ce manque soudainement promu comme nouvel objet de désir entraîne une souffrance qui représente pour la personne dépendante une preuve de son existence, au prix d’une déchéance volontaire.
Freud n’aborde pas de front le problème de la toxicomanie mais a établi la source de toute dépendance dans le stade oral* où le nourrisson est en état de fusion avec la mère. De même, en postulant que le nouveau-né est déjà mû par une énergie libidinale et régi par le souverain principe de plaisir*, il affecte à la satisfaction des pulsions sexuelles* un rôle primordial, les futures autres appétences* (alcool, drogue, jeu…) étant secondaires pour lui et ne constituant que des substituts. Ainsi, la masturbation (ursucht) représente pour lui une addiction originelle, les autres désirs ne constituant que des jouissances substitutives.
Freud évoque aussi le phénomène de l’addiction (qu’il ne nomme pas de la sorte puisque ce néologisme est d’apparition récente) quand il analyse l’abstinence volontaire et répétée des hystériques ou son opposé, l’ivresse sentimentale et les débordements amoureux, et lorsqu’il étudie les ravages du jeu pathologique chez Dostoïevski. Finalement, en vertu du principe de constance* qui vise l’homéostasie régulatrice de chacun, Freud, en tant que grand consommateur de cigares et cocaïnomane notoire, a lui-même analysé cette recherche de la jouissance immédiate qui aide l’homme à réduire les tensions et fuir le déplaisir*. Ceci l’a amené à considérer les produits sédatifs indispensables pour parvenir à relativiser la misérable condition humaine.
Stanton Peele dès 1975 affirmait que les personnes deviennent dépendantes non d’une substance, mais d’une expérience qui leur permet ainsi de fuir une réalité anxiogène, tendant à soutenir l’idée d’addictions comportementales. Quant à Otto Fenichel, psychanalyste américain, il décrivait déjà en 1945 l’existence de « toxicomanies sans drogue » et fut à l’origine de la classification des « troubles du contrôle  des impulsions » au sein du manuel des critères diagnostiques des maladies mentales de l’association des psychiatres américains, le D.S.M.
La structure addictive correspond à une aliénation volontaire du sujet à des objets extérieurs contraignant le corps à une action compulsive, d’où le rapport avec autrui est banni, à moins que l’autre ne représente véritablement un alter ego, son semblable. Cependant, des alternatives originales comme les groupes de parole et d’entraide à vocation thérapeutique du style des « Alcooliques Anonymes » se sont développées et ont contribué à aider les personnes dépendantes à se débarrasser de leur addiction en dialoguant avec des ex-alcooliques, ou des ex-toxicomanes guéris, devenus les nouveaux militants d’une lutte anti-addiction.
Lacan reconnaissait l’effet anti-anxiogène de la drogue, et aussi sa capacité à « rompre le mariage » avec le pénis, la différence apparaissant intolérable chez l’autre. Il semblerait que, de nos jours, le sujet, écrasé par une société matérialiste valorisant l’emploi d’objets de plus en plus sophistiqués, ne s’éloigne de l’autre comme sujet désirant et s’asservisse encore plus à l’objet au lieu de s’en libérer. La consommation effrénée et l’utilisation immodérée d’objets aliénants dans nos sociétés technologiques envahies par une cybernétique mondialisée ne contribue-t-elle pas à augmenter le nombre des personnes sujettes à de multiples addictions ?

Adler Alfred (1870-1937)

Adler Alfred (1870-1937)

Médecin autrichien fondateur du courant de la « psychologie individuelle ».
Ses préoccupations sociales l’amenèrent à dénoncer les misérables conditions de vie de son époque qui entraînaient souvent des maladies liées à des travaux pénibles. Il épousa une intellectuelle d’origine russe qui lui fit connaître le révolutionnaire Léon Trotski avec qui il sympathisa. Juif et Viennois, Alfred Adler s’intéressa aussi très tôt aux travaux de Freud qu’il connut dès 1902, et participa dès lors très activement aux réunions de la Société Psychologique du Mercredi* ; de plus, il devint l’ami de Stekel avec qui il rédigea un périodique psychanalytique. Il contribua fortement au développement du premier cercle freudien en présentant plusieurs communications ainsi que des cas cliniques sur les névroses*. Cependant Freud critiqua les conceptions d’Adler, qui reliait trop l’apparition des névroses à des processus biologiques ou à la différence voire au conflit entre les sexes, tout en surestimant le sentiment d’infériorité prédisposant à la névrose.
À cause de divergences théoriques fondamentales, notamment sur le concept de libido* qu’il ne reconnaissait pas, Adler rompit avec Freud et la psychanalyse* pour fonder sa propre doctrine, la psychologie individuelle, avec l’aide de ses partisans. Après la première guerre mondiale, il manifesta son intérêt pour la pédagogie en intervenant auprès de l’Institut Pédagogique de Vienne afin de contribuer à la formation les maîtres de son pays. En outre, il créa à Vienne en 1929 le premier institut médical dans lequel il mit en pratique sa méthode de psychologie individuelle. Ses travaux connurent beaucoup de succès aux États-Unis au cours d’une tournée de conférences qu’il effectua dans ce pays. En 1933, il fut nommé professeur de psychologie médicale dans une université de médecine à New-York et décida de s’installer dès 1935 dans le seul pays qui avait reconnu sa théorie,  pressentant déjà les effets néfastes de l’idéologie nazie dans la communauté juive. Il mourut en 1937 lors d’un cycle de conférences en Grande-Bretagne.  
La théorie adlérienne reposait en fait sur une psychologie de l’individu qui intégrait des aspects sociaux et biologiques au détriment de la primauté de l’inconscient* et de la sexualité. La psychologie individuelle était essentiellement centrée sur une conception du Moi* et son corollaire l’adaptation à une réalité sociale ; d’autre part, elle instituait le sentiment d’infériorité prévalent chez l’enfant, comme le principal élément déterminant la future vie psychique et physiologique de l’individu, qu’il était censé compenser par une volonté de puissance. Si Adler fut à l’origine d’une des premières scissions dans le mouvement psychanalytique, il influença néanmoins par la suite nombre de courants psycho-thérapeutiques comme la néopsychanalyse de Schultz-Hencke, la psychologie humaniste, ainsi que les théoriciens américains du mouvement « gender ».

Adolescence

Adolescence

Elle signe à la fois la fin de l’enfance et l’entrée dans le monde des adultes. Elle succède à la période de latence, durant laquelle une certaine sérénité s’était installée : une sorte de mer calme que vient déchaîner la tempête de l’adolescence.
Il s’agit d’une période de révolution corporelle et psychosexuelle, durant laquelle font surface les tous premiers conflits infantiles qui s’étaient comme endormis jusque là.
Des désirs sexuels s’expriment violemment dans un corps en pleine mouvance, un corps qui échappe à l’adolescent qui devient, par la force des choses, définitivement fille ou garçon, c’est-à-dire femme ou homme.
Il doit donc choisir son appartenance sexuelle, tandis que des désirs sexuels antagonistes à la fois masculins et féminins ou contraires à sa morale, bousculent son psychisme de façon plus ou moins consciente. En outre, l’adolescent doit renoncer à son univers infantile, rattrapé par une réalité que lui impose  son nouveau statut : de nouvelles responsabilités, une orientation professionnelle, des rencontres amoureuses…
C’est pour l’ensemble de ces raisons que l’adolescence se présente sous forme d’une crise plus ou moins aiguë. Mais c’est aussi parce que si le jeune individu veut devenir adulte et clame sa liberté, il résiste parallèlement à la perte de son statut d’enfant protégé.
L’agressivité* est très marquée à cette époque, et ce sont souvent les parents qui en font les frais en premier lieu, parce qu’une volonté quasi désespérée de se détacher d’eux ne trouve d’autre moyen de se manifester. Ceux-ci représentent la tendre enfance que l’adolescent s’efforce justement de quitter pour devenir autonome.
Ce n’est que lorsque cette autonomie s’acquiert que les parents peuvent être réhabilités dans leur rôle, sans danger de se perdre dans un amour infantilisant.

Adolescence (sociologie)

Adolescence (sociologie)

L’adolescence peut être définie comme étant une phase du développement humain qui se caractérise par une maturité à la fois physique, sexuelle et psychologique.
Lendemain de la puberté, elle représente une sorte un passage initiatique à la vie adulte. Dans le langage courant, traiter quelqu’un d’adolescent a une connotation plutôt péjorative. Cela sous-entend que cette personne est en crise.
Le terme de crise est à prendre ici dans un sens positif. L’adolescence est une période jalonnée de déstructurations, de restructurations et de développements psycho/morphologiques avec son lot d’incertitudes, mais aussi de créativité, de renouveau et de curiosité. La crise, au même titre que le deuil, passe par des étapes de souffrance, de désinvestissement et s’achève par le réinvestissement. Elle est donc salutaire. L’éviter, c’est prendre le risque de laisser s’accumuler les souffrances latentes prêtes à exploser lors de moments de vulnérabilité et de passivité.
S’intéresser à l’adolescence, c’est poser la question de l’appartenance ; appartenance à la fois socioculturelle, économique et politique. C’est aussi s’interroger sur le devenir générationnel d’un groupe d’individus dans un espace-temps donné. Les adolescents de l’après-guerre, ceux de mai 1968, n’ont que peu de choses à voir avec la génération sida. À l’ère du post-tout, post-moderne, post-industriel, post-capitaliste, la génération actuelle cherche son salut dans la mobilité. Ses atouts sont l’adaptation, la flexibilité, la capacité de communiquer en groupe et de faire partie de réseaux à tous les niveaux.
L’adolescent d’aujourd’hui vit dans l’intergénérationnel, dans l’interculturel. Il évolue au sein d’un champ social traversé par des valeurs ambivalentes, antagonistes, voire contradictoires. De plus, avec un psychique en développement, il doit faire avec les besoins d’un corps adulte et une liberté sexuelle accrue.
Dans cette période d’effervescence, l’adolescent a besoin d’un cadre dans lequel il peut se mouvoir ; un cadre suffisamment présent mais non coercitif. Le fait est que dans la société actuelle, ce cadre est frappant par son absence de permanence.
Il faut rappeler que cette période d’adolescence n’est pas vécue de la même manière chez le garçon et la fille. Si pour le garçon, le choix, c’est d’être professionnellement actif, la fille, quant à elle, doit concilier ou faire le choix entre travail et vie de famille d’autant plus que l’horloge biologique est là pour le lui rappeler.
L’observation de la société actuelle laisse paraître un prolongement de la période de jeunesse associé à une solidarité familiale devant les difficultés de l’emploi et une proximité idéologique entre parents et enfants. Ceci ne signifie pas l’absence d’une problématique propre à l’adolescence dont les conduites à risques en sont l’exemple et le révélateur.
De tout temps, l’adolescent était en quête d’identité. Celle-ci s’inscrit dans la confrontation à l’autre, mais aussi à soi. Tout est à jouer, à rejouer. Peut-être est-ce les adultes qui éprouvent des difficultés à assumer, à assurer la résistance, la confrontation nécessaires permettant le passage à l’âge adulte.

Agoraphobie (voir aussi : Phobie)

Agoraphobie (voir aussi : Phobie)

Forme de phobie dans laquelle le sujet éprouve une forte angoisse*, ou peur* panique, en présence de grands espaces libres.
Comme toutes les phobies, l’agoraphobie trouve son origine dans des conflits* infantiles refoulés d’ordre psychosexuel (voir :  Refoulement).
Agressivité
Terme désignant un ensemble de tendances  humaines visant à détruire par la force si besoin est, toute entrave à la satisfaction* du sujet. Le comportement agressif est souvent assimilé à tort à une attitude violente alors que ses manifestations peuvent se traduire par un regard, une grimace, une parole blessante, un geste menaçant ou provocateur, inducteurs de réactions en chaîne qui peuvent dégénérer dans des actes d’agression, tels que les coups, le viol, la torture, le crime, etc.
En psychologie, l’agressivité correspondrait à l’expression d’un instinct d’agression propre à tout être humain selon des degrés variables d’un individu à l’autre. Leur évaluation reste toutefois difficile bien que certains facteurs prédisposant, comme des violences subies dans l’enfance ou une irritabilité caractérielle voire une intolérance à la frustration*, indiquent l’apparition certaine de futures conduites agressives.
D’après les biologistes, des études neurophysiologiques ont établi que le déroulement de manifestations agressives était lié à un déficit de sérotonine dans les neurones. Cependant la découverte par les généticiens d’un chromosome supplémentaire chez certains criminels ne doit pas être considérée comme le seul élément explicatif de leur agressivité, mais doit prendre en compte d’autres critères d’ordre psychopathologique.
À ce titre, la psychanalyse a fourni une interprétation de l’agressivité qui semble la plus cohérente. En effet, grâce à sa théorie des pulsions*, Freud a relié l’agressivité à un double aspect de la sexualité*. Il présuppose l’existence d’une pulsion de mort* qui est soit tournée vers l’extérieur, représentant les tendances sadiques, soit dirigée vers l’intérieur, révélant le masochisme* du sujet. La pulsion d’agression d’autrui comme celle visant à sa propre destruction n’est concevable que dans une union avec la sexualité. À ce propos, dès le stade sadique-oral* et au cours du stade sadique-anal*, les tendances agressives du nourrisson s’organisent avec sa libido* pour occasionner « une explosion du plaisir d’agression ». Cette nouvelle conception freudienne des pulsions de vie* et de mort peut correspondre globalement mais de façon incomplète au dualisme entre la sexualité et l’agressivité. Toutefois, il faut reconnaître que la notion d’agressivité  élargit de ce fait davantage son champ d’action, s’appliquant aux conflits intrapsychiques entre le moi* et le surmoi*, et ouvrant sur les couples d’opposés union-désunion et Eros*-Thanatos* : la désunion consacre alors la puissance de Thanatos qui active la pulsion de destruction d’Eros, source de vie. Mélanie Klein* a d’ailleurs mis en évidence la pulsion agressive dans les premiers mois de l’enfant en proie aux fantasmes* d’autodestruction* et d’engloutissement, qui est fondamentale pour la structuration du sujet.
En clinique*, l’agressivité est importante dans la névrose obsessionnelle*, se traduisant par des tocs ou des accès colériques. Par contre, chez l’hystérique, le comportement agressif peut se révéler par la fugue (chez les adolescents), une crise de nerfs, des éclats de voix, ou toute attitude tendant à manipuler autrui, dont la tentative de suicide avortée en est une illustration patente. Dans les psychoses*, le passage à l’acte*, mise en acte de la pulsion de destruction, intervient soudainement, de façon impulsive, et prend des proportions démesurées comme dans les cas de bouffées délirantes aiguës, chez les patients atteints de schizophrénie* ou de paranoïa*, qui peuvent se terminer en massacres accompagnés de tortures, mutilations, dépeçages et autres actes barbares. Quant à la dépression*, la pulsion d’autodestruction conduit peu à peu le sujet vers le suicide* : d’ailleurs, il n’est pas rare que chez les adolescents les conduites agressives répétitives soient le signe d’un état dépressif inexprimé.
Si l’agressivité est une composante naturelle du comportement humain, elle n’en est pas moins la marque d’une tendance sadique alliant les pulsions libidinales aux pulsions de destruction. Néanmoins, l’union des pulsions sexuelles et agressives peut s’exprimer dans une « pulsion d’exploration », comme la curiosité épistémologique, qui réalise alors une « sublimation complète de l’instinct agressif » chez l’être humain.

Alcool (ou éthanol)

Alcool (ou éthanol)

Abréviation : OH - Molécule chimique : CH3 CH2 OH.
L’alcool est désinhibiteur, anxiolytique, antidépresseur, anesthésique, hypnotique, euphorisant et antalgique. L’alcool est une molécule soluble dans l’eau, inflammable, agressive, de faible poids moléculaire (PM=46), consommé dilué, sous forme de boisson alcoolique.
Une boisson alcoolique est définie par son degré alcoolique (pourcentage en volume OH).

Le % Vol = degré = cl
Exemple : 1 litre de bière à 5° = 5% d’alcool pur = 5 cl,
1 cl = 10 grammes d’alcool.

La quantité en gramme d’alcool pur contenue dans un litre de boisson alcoolisée degré x 10 g par verre/comptoir.
Exemple :
1 litre de vin à 12° (soit 10 verres) = 120 g soit 12 g/verre
1 litre de Pastis à 45° (soit 50 verres) = 450 g soit 9 g /verre
1 litre de Cognac à 40° (soit 40 verres) = 400 g soit 10 g/ verre
1 litre de bière à 5° (soit 5 verres) = 50 g soit 10 g/verre
On retiendra : 1 verre = 10 grammes d’alcool pur.        

Alcoolémie

Alcoolémie

C’est la présence d’alcool dans le sang. Les chiffres sont donnés en grammes par litre. Après consommation d’alcool le taux d’alcoolémie monte jusqu’à un maximum environ en une heure puis décroît lentement.

Pour calculer le taux d’alcoolémie :
Quantité d’alcool pur (en g)  divisé par poids de la personne multiplié par le coefficient de diffusion soit 0,7 chez l’homme et O,6 chez la femme.
Exemple : 5 bières  chez une personne pesant 70 kg. Un verre = 10 g d’alcool.
(5x10)/(70x0,7) = 1 g/litre
Dans cet exemple, l’alcoolémie est de 1 g par litre.

En général au comptoir, le serveur rempli 10 g d’alcool par verre que ce soit un verre de bière, de vin, de champagne, à apéritif, ou à digestif.
Cette quantité est souvent doublée à la maison.

Alcoolisation

Alcoolisation

C’est l’absorption par un individu  de boisson contenant de l’alcool. Elle peut être chronique et/ou modérée et s’accompagner d’une dépendance physique et psychologique ou aiguë et être dangereuse.

Alcoolisme (voir aussi : Addiction)

Alcoolisme (voir aussi : Addiction)

Le terme alcoolisme correspond à des troubles donnés par la consommation d’alcool. Ces troubles peuvent avoir des répercussions physiques, psychologiques ou sociales, voire les trois.

Alcoolisme aigu

Alcoolisme aigu

5,00 g ~ mort par asphyxie.
4,00 g ~ coma.
3,00 g ~ phase d’apathie : < ivre mort > , troubles de la coordination  motrice, altération du jugement (délit).
2,00 g ~ ivresse, euphorie, langage incompréhensible.
1,50 g ~ ébriété, excitation, yeux rouges et larmoyants, volubilité.
1,00 g ~ baisse de l’acuité visuelle, rétrécissement du champ de vision, réflexes diminués.
0,50 g –1 : seuil de l’intoxication alcoolique, taux au-delà duquel on est répréhensible par la loi.
0,30 g ~ pas de troubles apparents, mais diminution du temps de réaction, de l’esprit de synthèse, de précision.

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