Les quelques définitions ci-après sont extraites d'une partie de l'ouvrage d' Eric Ruffiat, Nouveau Dictionnaire de la Culture Psy, Nîmes, Editions Œdipia ©, 2009 - Tous droits réservés.

Alcoologie

Alcoologie

Terme introduit par Fouquet en 1966 pour désigner une discipline ayant pour objectif l’ensemble des connaissances sur le produit alcool.

Alcoolopathie

Alcoolopathie

L’alcoolopathie désigne les maladies données par la consommation d’alcool. Elles vont toucher le système neurologique, hépato digestif, métabolique endocrinien, cardiovasculaire et elles vont être source de cancer touchant les voies ORL et digestives.

Ambivalence

Ambivalence

C’est la capacité à ressentir envers un même objet, des sentiments totalement opposés : par exemple, l’amour et la haine s’adressant à une même personne. Cette ambivalence s’acquiert dans un second temps du développement psychique du nourrisson ; en premier lieu, celui-ci divise le monde en deux parties : les bons objets, gratifiants, générateurs de plaisir, donc aimables, et les mauvais objets, ceux qui sont frustrants, dangereux, et donc haïssables.
Autrement dit, le nourrisson aime tout ce qui lui fait du bien, et nourrit de la haine pour tout ce qui le contrarie dans ses désirs. Or, il va devoir peu à peu constater que le monde n’est pas aussi simple, et que parfois, un même objet, une même personne, peut être à la fois gratifiant et frustrant.
Par exemple, la mère, qui nourrit, soigne, procure de l’amour, peut aussi se montrer extrêmement contrariante, puisqu’elle ne répond pas toujours aux désirs immédiats de l’enfant.
En effet, celle-ci le laisse attendre parfois la tétée malgré les pleurs, se met en colère, peut même refuser de le prendre dans ses bras, le réprimander ou s’occuper d’un autre enfant. Force est de constater donc, qu’il ne s’agit pas là d’une mauvaise mère venue remplacer la bonne, mais bel et bien d’une seule et même personne, se montrant tantôt aimable, tantôt haïssable.
Cette ambivalence acquise sera dès lors le prototype de toute relation postérieure à l’autre. Ainsi, l’amour peut masquer de la haine et inversement, l’ambivalence est un processus normal et constructif, à condition de ne pas provoquer une confusion pathologique et destructrice, c’est-à-dire tant que prédomine, dans une relation, le sentiment d’amour.

Amnésie de défense

Amnésie de défense

C’est un terme générique pour désigner un processus naturel de décharge et donc d’évacuation des tensions accumulées menaçant alors le psychisme, lors du refoulement dans l’inconscient, des pulsions indésirables car génératrices de souffrance. On regroupe notamment sous ce terme les lapsus linguae (lapsus oral) et calami (lapsus écrit), les actes manqués, les trous de mémoire.
Les amnésies de défense étant directement liées au refoulement, on comprendra alors qu’elles ne sont pas le fait du hasard et qu’elles répondent à une détermination inconsciente, une défense contre l’angoisse ou une réalité pénible, et que de ce fait, appartenant à un processus dynamique, elles peuvent être ramenées à la conscience dans le cadre d’une thérapie.
On peut alors citer d’autre part comme exemple, l’amnésie infantile et l’amnésie hystérique qui ont en commun d’être en rapport direct avec le refoulement. Elles sont aussi étroitement liées puisque l’amnésie infantile (concernant la période antérieure à la période de latence et due aux refoulements liés à la sexualité infantile et à différents événements de cette période) serait le point de départ des refoulements ultérieurs conduisant à l’amnésie hystérique.

Amour maternel

Amour maternel

L’amour maternel est décisif pour la construction de la personnalité et c’est encore par amour que la mère acceptera l’être que devient son enfant, elle aimera l’individu qu’elle va découvrir en lui qui lui fera oublier celui qu’elle avait imaginé dans son désir d’être mère. Cet amour est un lieu rassurant pour l’enfant en même temps qu’un lieu de désir, lieu d’ouverture sur le monde et c’est parce qu’elle est un être de désir que l’enfant va, par identification, désirer ailleurs à son tour (au départ cet Autre sera le père en l’occurrence.)
Dans un premier temps, il y a une indifférenciation totale pour l’enfant entre sa mère et lui. Tous deux vivent sur un même rythme (par exemple, les cris du bébé vont faciliter la montée de lait chez la mère qui se règlera rapidement au besoin de l’enfant.)  L’époque d’avant le sevrage est une époque de contact, vitale pour l’enfant sur un plan physiologique comme sur un plan libidinal, en effet, la mère le nourrit mais c’est aussi au travers des soins qu’il reçoit qu’il va découvrir les premières sensations physiques de plaisir et  c’est parce qu’il sent que c’est réciproque, que sa mère a besoin de lui et qu’il est désiré, qu’il pressent son existence.
C’est aussi parce qu’il est très attaché à sa mère et que celle-ci va lui manquer par son absence, qu’il va parvenir à la relation objectale, c’est-à-dire prendre conscience qu’il ne fait pas corps avec sa mère. La mère, pour le bébé doit tout d’abord être lieu de désir. De la qualité de l’amour que donne la mère va essentiellement dépendre la construction psychique de l’enfant.
L’amour maternel ne doit donc pas envelopper de façon étouffante, il doit être le qualificatif d’un amour qui sait donner en évitant de s’approprier, c’est assurément un amour généreux. C’est en constatant les conséquences psychiques qu’entraîne chez l’enfant le manque d’amour maternel que l’on peut mesurer l’importance vitale de cet amour.

Analité (voir aussi : Stade ; Rétention)

Analité (voir aussi : Stade ; Rétention)

Au cours de son développement psychosexuel*, l’organisation de la libido* d’un individu passera par différents stades sous le primat des zones érogènes : oral, anal, phallique et génital.
L’analité d’un individu correspond aux traits dominants de sa personnalité* comme valeurs symboliques qui correspondent à la maîtrise musculaire des sphincters* lors de la défécation* : on citera par exemple l’entêtement, la tendance à la rétention, à l’ordre, etc.

Analysant

Analysant

Personne qui se soumet volontairement au cadre de l’analyse et en accepte les règles fondamentales par curiosité intellectuelle ou par besoin d’alléger ses souffrances, l’analyse étant destinée principalement au traitement des névroses et non à celui des psychoses.
Il est à noter qu’ici l’emploi du participe présent indique que l’analysant est celui qui fournit le travail, la cure n’étant pas seulement un lieu de décharge mais aussi celui où un véritable travail se fait.

Analyse didactique

Analyse didactique

L’analyse didactique est une cure psychanalytique personnelle que tout élève aspirant à devenir psychanalyste se doit de suivre auprès d’un analyste confirmé.  C’est donc l’analyse incontournable pour celui qui se destine à la profession de psychanalyste, afin de maîtriser au mieux ses sentiments de contre-transfert*. Freud, intimement persuadé que l’accession à la pratique de la psychanalyse ne pouvait se réaliser sans parvenir à comprendre son propre inconscient, innova en expérimentant sur lui-même une méthode introspective appelée l’auto-analyse*, qui est à l’origine de la découverte de la psychanalyse par son auteur. Mais, constatant les limites de l’analyse appliquée à soi-même basée sur l’interprétation* de ses propres rêves, Freud préconisa, sous l’impulsion de l’école de Zurich et de l’Institut de Berlin,  que tout futur analyste suive une analyse didactique chez un psychanalyste qualifié. En effet, il constate rapidement que l’on ne peut pratiquer l’analyse sur d’autres personnes qu’après avoir accéder à l’investigation de son propre inconscient, et que pour ce faire, l’auto-analyse* si elle est indispensable, n’est pas suffisante et que seule une analyse didactique est réellement formatrice.
Ferenczi est le premier à adhérer fermement à cette règle qui devient pour lui la deuxième règle essentielle de la pratique psychanalytique : il est persuadé qu’une analyse didactique doit être plus approfondie qu’une analyse clinique tant la responsabilité est grande de gérer les souffrances d’autrui.
Cette nouvelle méthode, différente de l’analyse thérapeutique destinée aux patients, avait pour but de mettre l’élève analyste en relation avec ses processus internes inconscients. Ferenczi pensait que l’analyse didactique constituait la seconde règle fondamentale* de la psychanalyse, car pour mieux maîtriser le contre-transfert* relatif à ses futurs patients, l’analyste doit se connaître parfaitement. De plus, Freud insista aussi sur le fait qu’un analyste authentique devait subir une analyse en continu (l’analyse interminable) et  accepter de se soumettre tous les cinq ans à une nouvelle tranche d’analyse pour approfondir son travail personnel.
Quant à Lacan, il fut mis au ban de l’Association Psychanalytique Mondiale car l’extrême brièveté de certaines séances et les liens qu’il entretenait avec certains patients étaient incompatibles avec la déontologie de l’analyste didacticien. De nos jours, toute la communauté psychanalytique freudienne s’accorde à reconnaître que l’analyse didactique est un préalable obligatoire à l’exercice de la psychanalyse, même si des critiques provenant de dissidents lacaniens et d’ autres scissionnistes remettent en cause la nécessité de l’analyse didactique.

Analyse transactionnelle

Analyse transactionnelle

L’analyse transactionnelle est une méthode crée par Eric Berne (1910-1970). Ce psychiatre américain s’intéresse à la psychanalyse puis il met au point une pratique personnelle à partir de l’étude du moi dans ses rapports à l’autre. Par cette approche, il définit une méthode qu’il applique aux thérapies de groupe : il rétablit ainsi un dialogue dans le couple, entre les membres d’une famille ou ceux d’un groupe. L’analyse transactionnelle se pratique le plus souvent en groupe mais aussi en thérapie individuelle.
Pour Berne l’individu, dans sa relation avec l’autre, opère à l’aide de jeux inconscients et  manipulateurs qui lui permettent de fuir ses réelles difficultés personnelles. L’ensemble de ces jeux forme un scénario qui est issu de la relation que le sujet enfant a connu avec ses parents (au travers de leurs directives par exemple). L’analyse transactionnelle permet au sujet de prendre conscience de ces différents scénarios qui gênent son épanouissement.
L’approche structurale de Berne tient compte de trois systèmes nommés les « états du moi ». Ce sont successivement : l’état Parent, l’état Adulte et l’état Enfant.
L’analyse transactionnelle utilise cette classification afin de repérer quel état est utilisé par le sujet lors d’un échange donné. Un même sujet peut, selon la relation qui se joue, s’exprimer indifféremment par l’un ou l’autre des trois états qui le structurent. Ces états, observables chez les individus au cours d’échanges donnés, sont définis pour permettre la mise à jour des conflits et l’analyse des difficultés relationnelles.

Analyste

Analyste

Voir : Psychanalyste

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