Les quelques définitions ci-après sont extraites d'une partie de l'ouvrage d' Eric Ruffiat, Nouveau Dictionnaire de la Culture Psy, Nîmes, Editions Œdipia ©, 2009 - Tous droits réservés.

Thérapie familiale

Thérapie familiale

Méthode de psychothérapie collective destinée à traiter la problématique psychique d’un sujet en partant de son histoire familiale et en intégrant des membres de la famille dans le traitement.
Le procédé analytique redonne une place particulière à la verbalisation, créant un espace où l’une et l’autre partie parlent (patient-famille face au thérapeute).
Le thérapeute sert alors de tiers pour dénouer une situation de conflits et affirmer l’identité du patient face à la structure familiale normative ou bien pathogène.
Le mode d’intervention du thérapeute définit les différentes formes de traitement : interprétatif, de soutien ou suggestif.

Thérapies psycho-corporelles

Thérapies psycho-corporelles

Thérapies qui privilégient les techniques centrées sur le corps pour accéder aux souvenirs douloureux refoulés. Concernant le domaine psychologique (non médical), on peut distinguer deux grands courants : L’un favorise, comme technique d’investigation pour accéder à l’inconscient, la verbalisation (c’est le cas notamment de la psychanalyse et des thérapies qui s’en sont inspirées), l’autre propose le corps comme moyen d’exploration.
Toutes visent le même but mais par des techniques différentes. Cependant, il faut préciser que leur champ d’application est parfois diffèrent. Elles s’appuient sur la théorie du « corps-mémoire ». Selon cette approche, le corps garde en mémoire la trace de son vécu, de ses expériences par ses tensions, sa forme et sa structure. Les sentiments, les émotions non exprimés au cours du développement de l’individu , se logent et s’impriment dans celui-ci, créant ainsi des tensions pouvant devenir chroniques. Ces tensions sont à l’origine de nombreux maux.
Lors des séances, le patient est amené, par des techniques spécifiques, à revivre et à exprimer les émotions refoulées liées à des événements passés ou actuels, pour libérer les tensions et favoriser la circulation énergétique par le relâchement corporel. Ces thérapies s’inscrivent dans le courant humaniste. Elles favorisent l’étude du comportement (poussant le sujet à s’interroger plus sur le comment que sur le pourquoi, comme c’est le cas de la psychanalyse qui elle, axe sa recherche sur l’introspection).
Certains thérapeutes associent leur savoir psychanalytique, médical ou autre, aux techniques corporelles dans leur pratique. Des thérapies corporelles ou à médiation corporelle sont nées de l’association de théories et pratiques venues de tous horizons et de cultures différentes. Ces thérapies se présentent sous diverses appellations. Elles offrent un large panel à toute personne désireuse d’entreprendre une thérapie ou une formation. Certaines écoles, dans leur enseignement, proposent l’étude de différentes techniques, d’autres sont plus spécifiques tels que le travail sur la posture, les attitudes, la voix, le souffle… Le thérapeute assiste et guide le patient, il peut utiliser une ou plusieurs de ces méthodes et un temps de parole est généralement prévu hors de la séance.   
Ces thérapies visent le développement de la conscience corporelle, de la gestion du stress, et une meilleure connaissance de soi. Elles vont aider le sujet à devenir autonome, à unifier le corps et l’esprit, à renforcer son énergie de vie, à établir une relation satisfaisante avec son environnement et les autres.
Depuis les découvertes de Freud, se sont développées et continuent de se développer de nouvelles thérapies de développement personnel.

Tic

Tic

Le tic se traduit par une contraction musculaire répétitive, localisée précisément dans le corps, et incontrôlable. Il se manifeste plus particulièrement sous le coup de l’émotion.
Il constitue un système de décharge d’une tension liée à un conflit psychique inconscient : le tic permet d’évacuer malgré soi physiquement, une tension qui est, elle, psychique, émotionnelle. On trouve ce type de symptôme essentiellement chez l’enfant, mais il peut persister à l’âge adulte.
Le tic exprime souvent des tendances agressives qui n’ont pas pu s’extérioriser autrement : un enfant, par exemple, extrêmement jaloux de son petit frère, va être pris d’incessants battements de pieds lorsqu’il est en colère. L’acte inconsciemment désiré serait alors « donner des coups de pieds », mais sur le plan conscient, seul le battement du pied est exprimé, dissocié du désir inconscient.
Le tic réapparaîtra chaque fois que le sentiment de colère sera ressenti, il exprime des désirs agressifs, mais aussi sexuels ou culpabilisants de façon générale, parce que condamnables dans l’esprit du sujet.
La mise en évidence, par la parole ou par le jeu, du conflit à l’origine du tic, permet d’éliminer ce symptôme qui n’a dès lors plus lieu d’être : il aura été exprimé autrement, lors d’une thérapie.

TOC

TOC

Il s’agit d’un Trouble Obsessionnel Compulsif. Celui qui en souffre est atteint de névrose obsessionnelle ou présente une personnalité à tendance nettement obsessionnelle. Ce type de symptôme peut être, en fonction de son intensité, particulièrement inhibant, parce qu’il peut paralyser la vie sociale du sujet. Ce n’est cependant pas toujours le cas.
Le Toc consiste en une répétition irrépressible d’un même rituel, d’un acte ou d’une pensée.  En réalité, l’individu ne peut pas faire autrement que de répéter cet acte ou pensée, car s’il y dérogeait une seule fois, l’angoisse dont il souffre deviendrait insupportable.
Cet état trouve son origine dans un conflit inconscient antérieur, générateur d’angoisse, et dont la seule échappatoire réside dans la présence du Toc : l’angoisse psychique se trouve évacuée par un acte physique. Par exemple, le sujet qui se lave compulsivement les mains plusieurs dizaines de fois par jour, tente de parer à l’angoisse d’avoir les mains souillées, angoisse elle-même générée par un élément inconscient culpabilisant, comme par exemple, une activité masturbatoire infantile refoulée.

Topique

Topique

Une topique est un lieu psychique. Le concept de « topique » induit que l’appareil psychique s’organise à partir de différents systèmes ayant chacun des fonctions. Ces systèmes sont séparés, distincts les uns des autres et chacun est régi par ses propres lois. Sigmund Freud définit deux topiques.
La première topique (1900) où il apparaît que le psychisme est dirigé par trois instances :
-Le conscient* est le lieu qui nous rattache au monde extérieur, il assure le lien entre l’inconscient et le préconscient et le monde extérieur. Il est le lieu de perception et dispose d’une énergie qu’il déplace librement. Il est protégé des chocs trop violents par un pare-excitation*.
-Le préconscient* est le système qui se situe entre le conscient et l’inconscient. Les informations allant de l’inconscient au conscient passe d’abord par le préconscient. Celui-ci opère une « sélection » de ces informations et les censure avant de les accepter. Il les censurera de nouveau pour les laisser accéder au conscient. Il stocke également des informations susceptibles d’être utilisées par le conscient ou en instance de devenir inconscientes.
Ces deux systèmes sont régis par le principe de réalité*.
-L’inconscient* est constitué d’éléments refoulés. Il est régi par le principe de plaisir* et ignore la temporalité. Il obéit au processus primaire et fonctionne par des mécanismes tels que la condensation* et le déplacement*. Les rejetons* de l’inconscient cherche à accéder à la conscience, c’est le « retour du refoulé », mais la censure du passage de l’inconscient au préconscient opère, doublée de la censure du préconscient au conscient : L’expression de ce refoulé se traduit alors par les symptômes*, les actes manqués*, les lapsus*, les rêves*.

Limité par la première topique, Freud définit une seconde topique en 1920, celle-ci se divise en trois instances :
-Le ça* est la partie la plus archaïque de notre personnalité. Il regroupe nos besoins vitaux tels que boire, manger… C’est sur une partie du ça que le moi se construit. Le ça est régi par le principe de plaisir, il n’obéit donc à aucune valeur, il est le réservoir de l’énergie pulsionnelle et n’a aucun contact avec l’extérieur.
-Le moi* apparaît dés que l’instance du ça répond à une première frustration. Ce sera la base du moi. Jusqu’à l’Œdipe*, on peut dire que le moi est en évolution dynamique. Le stade* oral permettra à l’enfant de construire les bases de son moi, de différencier le moi du non-moi. Une fois les bases du moi posées, solides, l’enfant accédera à l’analité (qui confirmera la notion moi et non-moi) puis au stade phallique ; ce n’est qu’après l’Œdipe que le surmoi sera introjecté, le moi sera alors investi de toutes les lois qui régissent son fonctionnement.    
-Le surmoi* dans la conception freudienne, est l’héritier direct du complexe d’Œdipe. Le surmoi se structure à partir de l’introjection* des images parentales idéalisées. C’est dans le Surmoi qu’est introjecté l’interdit de l’inceste affirmé lors du complexe d’Œdipe. Toutes les valeurs inculquées seront dans le surmoi : morale, religion…
Le Surmoi a donc valeur de juge : la culpabilité* est une conséquence de l’instance surmoïque.
Pour définir la seconde topique par rapport à la première, on peut dire que la totalité du ça est dans l’inconscient, le conscient regroupe une partie du surmoi mais la plus grande partie du conscient est constitué du moi. Le moi a également une partie dans l’inconscient, ce sont ses défenses (voir : Défense). La plus grande partie du surmoi est inconsciente.

Toxicomanie (voir aussi : Addiction)

Toxicomanie (voir aussi : Addiction)

C’est une dépendance à une ou plusieurs substances psychoactives (drogues, alcool, médicaments etc.)
La toxicomanie révèle un comportement d’autodestruction régi par la pulsion de mort*. Le sujet incorpore des substances toxiques qui vont détruire sa vie sociale et sa santé par un suicide* lent.
Une importante fixation* au stade oral* semble être à l’origine de la toxicomanie, appuyée par un éclatement de l’image, une non cohérence, au stade du miroir* et un environnement affectif non propice au bon développement du narcissisme*. Le sujet se réfugie dans la drogue pour anesthésier sa mauvaise image de soi (tout en l’accentuant du fait de sa déchéance) et/ou pour tuer en lui le mauvais objet qu’il a pu introjecter mais ce mauvais objet faisant maintenant partie intégrante de lui, il doit se tuer aussi pour l’atteindre.

Transactionnelle

Transactionnelle

Voir : Analyse transactionnelle

Transfert

Transfert

Le transfert est un processus par lequel le sujet, au cours de la cure analytique, projette sur son analyste et ressent pour lui des sentiments qu’il a déjà éprouvé dans son enfance au cours de certaines situations qu’il reproduit dans le cadre analytique.  
Freud remarque très tôt l’importance du transfert. Dans la méthode cathartique et les traitements par hypnose, procédés utilisés antérieurement et abandonnés  au profit de la psychanalyse, il constate déjà l’importance de la relation médecin-patient : le patient progresse quand un climat de confiance et d’intérêt à l’égard du médecin est présent.
Le principe est le même dans la cure. Après quelques séances, une fois que le processus analytique est enclenché, le patient reporte sur son analyste ses sentiments inconscients et ce dernier lui propose une interprétation. Les interprétations permettront au patient d’associer. Le rôle de l’analyse  prend alors tout son sens, la verbalisation se révèle salvatrice et permet la mise à jour du conflit.
Les conflits se dévoilent donc grâce au transfert, ils sont interprétés, communiqués au patient et celui-ci pourra alors être en mesure de décharger tous les sentiments qui y étaient liés.
Le transfert négatif est constitué des sentiments très hostiles qui risquent d’entraver fortement le déroulement de la cure, voire de la rendre impossible.  
Le transfert permet donc que se rejoue le conflit mais sa portée réellement structurante réside dans le fait que par ce moyen, la situation psychique conflictuelle dont souffre le sujet peut se rejouer avec des points de vue dynamique et économique différents permettant au patient d’utiliser toutes ses capacités psychiques pour aboutir à une résolution du conflit.

Transitionnel (espace, aire)

Transitionnel (espace, aire)

L’espace transitionnel, appelé aussi aire transitionnelle, est un concept créé par le psychanalyste et pédiatre britannique, D. W. Winnicott*. Il désigne  une zone intermédiaire, une troisième zone, située entre le « moi » et le « non-moi », entre le subjectif et la perception objective, une aire médiane d’expérience « entre le pouce et l’ours en peluche », dans laquelle le bébé expérimente une relation à l’objet transitionnel*.
C’est précisément dans cet espace transitionnel que la créativité primaire de l’enfant s’exprime, à l’image du jeu, première activité créatrice, fondement préalable de toute vie culturelle de l’adulte. Bien qu’elle participe du domaine de l’illusion, cette troisième zone intermédiaire d’expérimentation ne procédant d’une réalité ni intérieure, ni extérieure, reste primordiale, d’après Winnicott, dans le cheminement psychique du nourrisson.

Traumatisme de la naissance

Traumatisme de la naissance

Le Traumatisme de la naissance est une étude réalisée en 1924 par Otto Rank. À partir de faits énoncés par Freud dans L’interprétation des rêves affirmant que la naissance est la première angoisse* et  en constitue donc le prototype, Rank élabore une théorie selon laquelle dans cette expérience physiologique de la naissance se trouverait l’origine de l’inconscient. Selon sa pensée, la vie fantasmatique de l’enfant trouverait sa source dans la lutte contre le trauma de la naissance, il y rattache également les conflits propres à la castration et à l’Œdipe. Il relie des symptômes hystériques, phobiques, paranoïaques à la vie intra-utérine et à l’angoisse de la naissance.
Otto Rank considère que la fin d’une cure reproduit le traumatisme de la naissance, ce qui alimente les fantasmes de « seconde naissance » du patient, en réponse à l’angoisse que cela suscite.
Freud, s’il reconnaît le prototype de l’angoisse dans le traumatisme de la naissance, ne soutient pas pour autant la théorie de Rank, il rejette l’idée selon laquelle ce traumatisme et l’incapacité du sujet à  décharger l’angoisse poseraient les bases d’un développement psychique névrotique. Il y voit plutôt l’origine du besoin d’être aimé causée par un facteur biologique qui est la prématuration de l’homme à sa naissance, l’angoisse propre à la naissance marque la première angoisse et l’investissement sur la mère, gratifiante, car satisfaisant les besoins. L’enfant, innocent et incapable de satisfaire ses besoins, se tournera vers la mère et par cette expérience, le besoin d’amour, inhérent à la nature humaine, sera posé définitivement.
L’ acharnement de Rank à vouloir rattacher toutes les angoisses au traumatisme de la naissance lui a valu d’être rejeté de la communauté analytique mais sa théorie reste intéressante dans le cadre des études de la relation mère-enfant et particulièrement dans les comportements pathologiques du nouveau-né.

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