Les quelques définitions ci-après sont extraites d'une partie de l'ouvrage d' Eric Ruffiat, Nouveau Dictionnaire de la Culture Psy, Nîmes, Editions Œdipia ©, 2009 - Tous droits réservés.

Anamnèse

Anamnèse

C’est le retour à la conscience d’un souvenir.
C’est donc l’ensemble des informations, des précisions et des éclaircissements donné ou révélé par le patient, questionné sur son historicité et/ou sa pathologie.

Angoisse

Angoisse

État d’affect survenant automatiquement, et pouvant  aussi bien envahir  le psychisme que le corps du sujet. Ce ressenti très déplaisant est provoqué par l’augmentation brutale de sommes d’excitations, créant un excès de tension que l’on ne peut contrôler (= décharger).
Pourquoi et par quoi s’angoisse t-on ?
Ce sentiment d’angoisse peut surgir quand on ne se sent pas bien et que l’on ne comprend pas son état, ou encore, quand on doit affronter une situation nouvelle et que l’on n’est pas sûr de réussir… Les occasions sont nombreuses face à l’inconnu. Toutes les situations que l’on ne maîtrise pas à priori,  vont générer une certaine angoisse.
Cette réaction psychique/physiologique interne n’est pas pathologique en soit tant qu’elle reste dans des limites tolérables et tant qu’elle n’invalide pas la vie du sujet. Dans ce cas, elle s’apparente au mécanisme de stress qui peut être bénéfique – s’il est bien dosé –pour garantir l’adaptation* du  sujet face aux événements à vivre. Cette angoisse est par conséquent positive et nécessaire pour maintenir l’individu en alerte.
Mais il existe d’autres formes d’angoisse plus problématiques pour la vie du sujet : angoisse de séparation*, angoisse de castration*, angoisse diffuse, angoisse devant un danger réel et enfin angoisse devant la mort.
Nous avons tous fait l’expérience d’être angoissé. Pour Freud, la manifestation d’angoisse serait la réplique de l’état de détresse que nous avons ressenti, tout petit enfant, face au manque biologique (faim, soins) et traduit psychiquement. Cet état de malaise psychique s’est alors affirmé en angoisse de séparation face à la peur de perdre l’objet maternant et de ne pouvoir y survivre. L’angoisse de castration participe du même registre : vécue comme la peur devant un danger réel ; c’est la menace de perdre le pénis* (chez le garçon) ou de perdre l’amour (chez la fille).
En tant qu’êtres pulsionnels, nous portons aussi des désirs inconscients (sexuels) qui ne peuvent pas toujours trouver la voie de la satisfaction et cette accumulation de tension (voir : Libido*) va être ressentie sous forme d’angoisse : c’est ce que l’on nomme la névrose d’angoisse* quand cette énergie est non liée. L’angoisse se manifeste de façon diffuse sans que la personne ne puisse l’expliquer. Elle ne peut être déplacée sur un objet comme dans la phobie*.
Lorsque ces formes d’angoisse aux allures névrotiques commencent à générer une souffrance et à désorganiser la vie des personnes, il est souhaitable d’envisager un suivi thérapeutique.

Angoisse de séparation (voir aussi : Angoisse)

Angoisse de séparation (voir aussi : Angoisse)

Montée de tension désagréable que nous avons tous expérimenté au moment d’une séparation. On sait ce que l’on quitte, une situation heureuse, et l’inconnu fait peur.
Cette crainte s’origine dans la petite enfance, lors de la mise en place de la relation objectale : l’enfant prend peu à peu conscience que la mère est une personne différente de lui, et s’angoisse donc à l’idée de la perdre. On peut dire que cette expérience vécue constitue le prototype des séparations futures.

Anima (voir aussi : Bisexualité)

Anima (voir aussi : Bisexualité)

C’est ainsi que l’on désigne la représentation psychique inconsciente féminine chez l’homme. D’après Carl Gustav Jung* à qui nous devons l’emploi de ce terme, l’homme attribue, inconsciemment et l’on pourrait dire d’emblée à une femme, un ensemble de qualités féminines qu’elle ne possède pas à priori mais qui sont bien propres à lui-même (ex : Le sentiment, l’intuition, l’émotivité.) Dans la relation du petit garçon avec son père l’enfant utilise sa masculinité pour s’identifier et sa féminité ou anima  pour son rapport à l’Autre. La nature de l’anima qui naîtra chez l’enfant dépendra donc essentiellement  de la relation aux parents ; L’anima est, dans l’inconscient masculin, la part sexuelle féminine complémentaire.

Animus (voir aussi : Bisexualité)

Animus (voir aussi : Bisexualité)

Représentation psychique inconsciente masculine chez la femme qui, d’après Jung, serait constituée d’opinions diverses préconçues que l’on pourrait qualifier de raisonnables que la femme aurait emprunté à diverses autorités masculines tout au long de sa construction psychique et faite siennes inconsciemment (ex : La pensée, l’action.) Comme pour l’anima, l’animus dépend essentiellement de la relation aux parents. Dans le cadre de sa relation avec sa mère, la fillette utilise sa féminité pour s’identifier à cette dernière et sa masculinité ou animus pour sa relation avec l’Autre ; L’animus est, dans l’inconscient féminin, la part sexuelle masculine complémentaire.

Annulation (voir aussi : Pensée magique)

Annulation (voir aussi : Pensée magique)

L’annulation (ou annulation rétroactive) est un mécanisme de défense* du moi qui se met en place lorsque les processus de désinvestissement ou de contre-investissement ne suffisent plus. C’est un moyen d’éliminer magiquement par la pensée des actes, paroles ou pensées insupportables pour la conscience (jugés répréhensibles par l’individu) grâce à un comportement qui permet de les inverser et donc de les annuler.
Fondée sur le processus normal d’ambivalence des affects de l’individu, elle peut cependant devenir pathologique : elle caractérise alors la névrose obsessionnelle dans laquelle les pulsions contradictoires (ambivalentes) sont si intenses (extrêmes et opposées) qu’elles privilégient ce moyen pour se décharger.
Ce processus agit en deux temps avec plusieurs formes. Un comportement ou une parole vont être suivis immédiatement d’un autre comportement ou d’une autre parole (donc différents), qui effacent alors psychiquement les premiers. Ou encore, un acte (réel ou pensé mais allant en sens contraire) a le pouvoir magique (magie négative) d’en compenser un autre et d’effacer l’objet du litige (même dans le passé).
Cela peut s’illustrer notamment par toutes sortes d’actes expia-toires comme les châtiments, les pratiques magiques…
Pour Freud, qui utilise ce terme ponctuellement mais plus précisément dans « L’Homme aux rats » c’est aussi un moyen de pouvoir exprimer à la suite deux pulsions opposées qu’il nomme « double sentiment ».
Enfin pour Bergeret, ce mécanisme ramène au sentiment de toute puissance de l’enfant (je pense « sein », donc il arrive), qui donne à l’annulation rétroactive un fort caractère régressif ; et qui de ce fait visant la réalité elle-même, provoque une altération de la temporalité.

Anorexie

Anorexie

Selon l’étymologie, ce terme évoque « l’absence d’appétit ». Il s’agit en fait d’un trouble du comportement* alimentaire qui se caractérise par des privations volontaires de nourriture pour répondre à des conflits d’origine psychique. Le symptôme* de restriction alimentaire apparaît essentiellement chez des adolescentes ou de jeunes femmes, le prétexte de départ étant des motivations d’ordre esthétique afin d’obtenir un corps idéal (cas fréquent dans les métiers de la danse, de la gymnastique, de la mode, ou les professions médicales et para-médicales).
Ainsi, l’anorexie, comme Freud le soutenait, doit être rapprochée de l’hystérie*. En effet, la hantise de grossir ainsi que le désir de devenir maigre à l’extrême rendent la jeune femme totalement indifférente aux signaux d’alarme déclenchés par son entourage concernant les possibles conséquences funestes de son comportement (dénutrition, déshydratation, crise cardiaque, voire mort).
L’amaigrissement progressif et important de l’anorexique (il peut atteindre 25% du poids initial, voire davantage) lui procure une silhouette squelettique, un teint d’une blancheur cadavérique, et elle présente fréquemment une aménorrhée : néanmoins, tous ces signes ne paraissent pas l’inquiéter outre mesure. Au contraire, l’anorexique semble baigner dans un bonheur euphorique de pouvoir exercer une maîtrise totale sur son corps en réduisant son poids ad libitum (à sa guise) et de repousser les limites de la fatigue physique en s’imposant des exercices violents.
D’autre part, toute l’énergie de l’anorexique semble se concentrer sur un refus d’identification sexuelle et une auto-interdiction de la relation sexuelle. Il semble qu’à l’origine, le jeune enfant ait déjà refusé la nourriture maternelle à cause d’une mère qui avait tendance à trop vouloir nourrir sa progéniture au détriment de lui avoir témoigné de l’amour.
Malgré un fort dégoût pour la nourriture, l’anorexique éprouve souvent des accès de boulimie*, effacés immédiatement par des vomissements ultérieurs. Cette affirmation de la toute puissance dans le refus de s’alimenter et le plaisir masochique de provoquer l’émaciation du corps participent d’un réel déni de désirs boulimiques refoulés. La boulimie apparaît donc comme la face cachée de l’anorexie, car le corps étant vécu comme un objet extérieur menaçant, l’anorexique se laisse aller à des épisodes boulimiques afin de mieux afficher son emprise sur des besoins physiologiques fondamentaux. D’autres symptômes* tels que les phobies* d’avalement, d’étouffement ou d’empoisonnement, les conduites addictives (alcoolisme, toxicomanie…), les états dépressifs,  peuvent y être associés.
Les mesures thérapeutiques varient selon la problématique présentée mais en général, l’hospitalisation demeure la règle, incluant une réalimentation progressive afin de parvenir à réaliser l’objectif d’un protocole basé sur un poids minimal à atteindre avant toute sortie définitive. Une psychothérapie* familiale peut être envisagée pour tenter de résoudre les conflits entre l’adolescente et son entourage. D’autres préfèrent isoler complètement l’adolescente de son cadre familial, pour l’aider par des actions psychothérapeutiques à modifier le type de rapport conflictuel qu’elle entretient avec sa famille.

Anxiété

Anxiété

Dans la phase d’épuisement du stress*, aux crises d’angoisse ou de panique peut succéder un état chronique diffus d’anxiété.
Dans la pathologie, on parle d’anxiété pour décrire un état d’épuisement du système nerveux. Aux manifestations des inquiétudes psychiques, s’ajoutent le cortège des sensations corporelles, terrain d’un dérèglement de l’organisme (boule à la gorge, palpitations, vertiges, pleurs etc.)
L’anxiété peut être primaire, ou secondaire à d’autres symptômes suite à des états dépressifs, névrotiques ou psychotiques.
Elle peut être libre comme une angoisse diffuse ou chercher un mécanisme de défense en se fixant sur un objet : peur de prendre l’avion, le train, peur des araignées, des ascenseurs, peur des lieux clos (Claustrophobie*) ou de la foule (Agoraphobie*). L’anxieux peut aussi lutter contre l’angoisse par des mécanismes obsessionnels tels que : vérifier dix fois la fermeture de la porte, du gaz, se laver les mains sans cesse etc. Ces rituels obsessionnels tentent d’apaiser l’angoisse (Troubles du comportement*).
Cette peur sans objet, cette angoisse diffuse est en réalité une boule d’énergie bloquée dans notre psychisme, créant un état de tension terrible qui ne trouve pas de voie de libération, de décharge, par la satisfaction.
Cela peut être aussi la peur d’un danger inconscient.
Chez le nouveau-né : peur d’être séparé de sa mère, peur d’être abandonné, peur d’être rejeté… Toutes ces peurs étant liées à la peur de l’anéantissement, peur de la mort.

Anxiolytiques

Anxiolytiques

Voir : Tranquillisants

Archaïsme

Archaïsme

Référence à quelque chose d’ancien, d’originaire. En psychanalyse cette notion d’archaïsme est fondamentale pour décrire l’élaboration de nos processus profonds, nos origines et nos mécanismes de défense*. L’inconscient* ne connaît pas le temps et le passé parle toujours en nous sous forme de représentations imaginaires, sous forme d’interdits universels et d’héritage transgénérationnel.
Ce sont par exemple des idées innées, des rêves*, des impressions anciennes liées non seulement à l’histoire de l’individu mais aussi à celle de l’espèce.
Même si le monde change (technologie, valeurs morales, vie en société ou organisation familiale) nous sommes toujours imprégnés de l’histoire humaine, ses mythes, ses peurs, et principes existentiels.
Nos vies s’inscrivent dans le patrimoine de l’humanité. Elles sont le prolongement de schémas anciens, prédéterminés.

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