Les quelques définitions ci-après sont extraites d'une partie de l'ouvrage d' Eric Ruffiat, Nouveau Dictionnaire de la Culture Psy, Nîmes, Editions Œdipia ©, 2009 - Tous droits réservés.

Breuer Joseph (voir aussi : Anna O./le cas)

Breuer Joseph (voir aussi : Anna O./le cas)

Médecin autrichien (1842-1925), savant reconnu à Vienne pour ses travaux sur la physiologie de la respiration. Il rencontre Freud en 1880 (de quatorze ans son cadet) et devient son mentor. Il partage avec lui ses conceptions thérapeutiques comme le traitement de l’hystérie par l’hypnose.
Breuer s’intéressa particulièrement au cas d’hystérie* d’Anna O., dont l’étude fut rapportée en 1895 dans les Études sur l’hystérie. Cette patiente, de son vrai nom Bertha Pappeiheim, présente de nombreux symptômes* invalidants. Breuer eut l’idée de faire parler Bertha sur ses relations avec son père, qu’il soupçonnait d’être à l’origine de sa maladie : la guérison par le verbe était née.

But

But

En psychanalyse, le but est l’un des trois éléments qui structurent la pulsion* (les deux autres étant la source* et l’objet*) Le but est indispensable à la pulsion, celle-ci dirige sa force vers un seul but afin de se satisfaire et redonner ainsi à l’appareil psychique un état de sérénité, sans tension. Cet état est appelé : principe de constance*.

Ça

Ça

Dans la théorie freudienne, le ça est l’une des trois instances constituant la seconde topique (ça – moi – surmoi).
Georges Groddeck fut le premier à consacrer un important travail sur la présence d’un ça. Freud le critiqua dans un premier temps, puis finit par intégrer à son tour la notion de ça dans sa théorie sur les topiques.
Le ça est l’élément fondateur de l’appareil psychique au début de la vie. Il s’agit de l’ensembles des pulsions, désirs, innés. C’est la partie instinctuelle, la plus primitive, de l’homme. Le ça est totalement inconscient, même s’il ne représente pas tout l’inconscient. Il est régi par le principe de plaisir, et ne tient pas compte de la réalité, mais il assure l’instinct de survie de l’espèce humaine : en ce sens, puisqu’il est à la fois le garant du vivant et le lieu du désir, il constitue le moteur de la vie. Les désirs issus du ça ne sont cependant pas toujours réalisables, acceptables par la morale ou par la loi, et il ne tolère pas l’insatisfaction.
Le ça a également pour rôle la récupération du matériel (souvenirs, émotions…) refoulés, refusés par le moi sous l’influence du surmoi.
La psychanalyse s’intéresse particulièrement au ça, puisqu’il est l’instance inconsciente détentrice de l’histoire originelle du sujet, de ses désirs contrariés, de ses conflits internes.
Le ça, le moi et le surmoi sont en conflit permanent. La conscientisation des conflits en question, lorsqu’ils sont pathogènes, est libératrice.

Cadre

Cadre

Le cadre analytique est l’ensemble des règles de la pratique analytique auxquelles doivent se soumettre l’analysant et l’analyste  dans le seul but de l’efficacité thérapeutique et qui comprennent un certain nombre de techniques incontournables telles que par exemple :
- la libre-association
- la règle de non-omission
- la règle d’abstinence
- le paiement en espèces
- la position allongée sur le divan, tournant le dos à l’analyste
- la durée d’une séance (45/50 minutes en général)
- la régularité
- la durée dans le temps etc.
Ce sont autant de lois qui régissent et constituent le cadre analytique tel que Freud l’a conçu.

Castration

Castration

La castration physique, ou ablation des organes génitaux, prive définitivement l’humain de toute activité reproductrice. Son pendant moral, qui peut revêtir diverses formes comme la frustration, l’abandon, la privation, la séparation et à la fin la mort, relèvent toutes d’une angoisse majeure, plus définitive que l’émasculation, qui est au fond la peur de mourir.
La castration et son corollaire plus puissant que constitue la menace même de la castration représente peut être le fantasme* maximal que l’enfant puisse éprouver lorsqu’il affronte la loi paternelle. L’angoisse* qui en découle a été caractérisée par Freud dans sa théorie sexuelle infantile sur le complexe de castration* en corrélation avec le complexe d’Œdipe*. D’après lui, la castration est essentiellement un élément réaliste, même si elle participe d’un fantasme qui s’ancre dans une réalité sexuelle angoissante. Pour Lacan, au contraire, la castration a une valeur symbolique éminemment subjective qui implique le renoncement non seulement à être mais aussi à avoir le phallus* . De ce fait, la perte de l’objet partiel issue de la castration produit un nouveau fantasme qui initie le désir : Lacan confère donc à la castration le pouvoir exceptionnel de considérer l’autre comme un objet phallique.

Catharsis (voir aussi : Méthode cathartique)

Catharsis (voir aussi : Méthode cathartique)

Pour la philosophie grecque, la catharsis est l’effet de purgation/ purification, d’élimination des passions, repris par la psychanalyse pour désigner une réaction de libération (effet thérapeutique purgatif), une décharge* d’affects refoulés et pathogènes, souvent responsables d’un traumatisme psychique et donc de symptômes. Elle est la conséquence de l’abréaction (ou décharge émotionnelle) et n’est pas sans risque pour la personne qui peut être alors submergée par un quantum d’affect* ou être conduite à réaliser des actes non maîtrisables.
C’est en étudiant l’hystérie* que Joseph Breuer* va élaborer sa théorie de la catharsis, qui sera reprise et complétée par Freud. Puis ce dernier va se dégager notamment de l’hypnose* pour aboutir à la méthode psychanalytique pure basée sur la libre association* et la parole, sans laquelle la catharsis seule n’a pas d’effet durable dans la thérapie.

Censure

Censure

Le processus de censure est bien connu de tout un chacun lorsqu’il s’agit d’une amputation d’un ou plusieurs paragraphes de texte, par exemple, jugés irrecevables.
En psychanalyse, la censure, terme freudien, agit de la même sorte, comme un filtre qui empêche les désirs inconscients d’accéder au stade du préconscient ou de se frayer un chemin entre le préconscient et la conscience.
La censure est différente du surmoi en ce sens qu’elle en est la résultante. C’est parce qu’il y a eu à la source formation d’un surmoi que la censure agira, en permanence.
Elle peut laisser de fait paraître des éléments restants inintelligibles et son but est atteint.
On retrouve ce phénomène également souvent dans les rêves comme avec la condensation et le déplacement, de sorte que l’interprétation en devient difficile, voire inaccessible (thème développé par Freud en 1900 dans L’Interprétation des rêves).
Enfin, les désirs inconscients inassouvis et inacceptables ainsi censurés sont à l’origine du mécanisme du refoulement.

Charcot (Jean-Martin)

Charcot (Jean-Martin)

Jean-Martin Charcot est un médecin français né à Paris en 1825 et mort à l’âge de 68 ans en 1893 d’une crise cardiaque. C’est un neurologue de renom qui marquera les esprits par son observation clinique minutieuse sur les symptômes neurologiques, classification toujours d’actualité et servant encore de référence de nos jours.
Mais son nom est avant tout associé à l’hystérie*, l’hypnose* et la genèse de la psychanalyse. En effet, si c’est un éminent médecin qui acquiert par ses compétences à trente-sept ans un service à l’hôpital de la Salpetrière à Paris, il n’en est pas moins distingué par ses spectaculaires « leçons publiques » où il expose et tente le premier de comprendre les femmes hystériques de l’époque, et l’origine de leurs dramatiques symptômes.
Il s’appliquera en particulier à démontrer que les crises  nerveuses, paralysies et autres insensibilisations de ses patientes qualifiées de « folles », n’avaient en réalité d’autre source  qu’un traumatisme originel subit dans l’enfance et refoulé, comme un abus sexuel ou un viol.
Charcot corrobore ainsi la théorie selon laquelle l’hystérie n’a pas pour origine une spécificité anatomique mais bien plutôt un caractère névrotique. Grâce à la technique de l’hypnose, il prouve à ses contemporains que l’ablation des ovaires, non seulement n’est pas un traitement efficace mais que l’hystérie si elle est la résultante d’un événement traumatique, peut être masculine.
C’est un grand pas vers la psychopathologie que vient d’accomplir Jean-Martin Charcot et Sigmund Freud ne s’y trompera pas en prolongeant, fasciné par l’homme qu’il vient de rencontrer, son séjour dans l’hiver 1885/86 à Paris. Freud profitera de son enseignement alors qu’il est élève-stagiaire du grand maître à la Salpetrière. Charcot influence fortement dès lors le développement de la pensée du jeune Freud qui lui demandera rapidement l’autorisation de traduire dans sa langue maternelle, l’Allemand, ses célèbres leçons cliniques du mardi, qui l’engageront irréversiblement vers la voie qui est désormais la sienne et qu’il ne lâchera plus, celle de la psychologie. Charcot encouragera d’ailleurs vivement Freud à poursuivre le chemin qu’il a choisi dès la première publication de ses écrits dans les fameuses Revues françaises.
Sa transmission intellectuelle est également assurée par le choix en la personne de Pierre Janet, un autre fidèle élève de Charcot, à qui il confiera la direction de son laboratoire de psychologie dès sa création en 1890. Charcot est alors âgé de soixante-cinq ans.

Claustrophobie

Claustrophobie

Issu du latin « claustare » qui signifie cloître et de la phobie qui est une peur incontrôlable, c’est la peur d’être enfermé dans un lieu clos ; de manière plus générale, c’est une crainte des espaces et son opposé est l’agoraphobie.
Une personne atteinte de claustrophobie peut préférer à l’as-censeur  l’action de monter sept étages d’un immeuble en prétextant les bienfaits du sport sur le corps, ne pourra s’empêcher d’ouvrir fenêtres et portes même en hiver et choisira de rater son train plutôt que de se sentir engloutie par la foule aux heures de pointe. Ces exemples peuvent paraître extrêmes mais ils sont le lot quotidien des phobiques. Leur crainte d’étouffer cependant ne s’arrête pas aux seuls faits concrets et situations externes mais peut être représentée également par des sensations internes de suffocation ressenties lors d’un engagement dans une union durable par exemple.
La claustrophobie  fait partie des phobies les moins graves et pourtant des plus communes. Dans de nombreux cas, on trouve à la source de ce symptôme une culpabilité éprouvée dans la petite enfance face au besoin masturbatoire.

Clinique

Clinique

Initialement, c’est l’observation directe au lit du malade et par extension à la psychologie clinique, c’est l’ensemble des études de tous les comportements humains, sans discours directif, à la manière d’un psychanalyste, sans en adopter obligatoirement toutes les règles.

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